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Etude internationale sur les structures d’accompagnement de start-ups

Le financement et l’accompagnement des start-ups est bien souvent la clé de voûte de leur réussite. Afin d’atteindre leurs objectifs ambitieux, plusieurs types de structures d’accompagnement existent selon leur niveau de maturité.

Dans le cadre de notre étude internationale sur ces structures, nous avons décidé de nous intéresser plus particulièrement à quatre typologies : les incubateurs qui interviennent au début de l’histoire entrepreneuriale, les accélérateurs qui interviennent après les premiers succès, les start-ups studios, sortes d’usines à start-ups, et les fonds de capital-risque qui disposent d’une structure d’accompagnement.

Notre étude a porté sur 7 pays : France, Italie, Espagne, Allemagne, Belgique, UK et Israël dans lesquels nous avons identifié plus de 1 500 structures d’accompagnement. Nous en avons analysé plus de 800 et avons rencontré plus de 25 dirigeants de ces structures pour lesquels une synthèse de l’entretien est disponible dans l’étude.  

Dans un premier temps, nous verrons comment apprécier la maturité des écosystèmes de start-ups et la place occupée par les structures d’accompagnement dans les différents pays. Ensuite, nous analyserons leur rôle puis les principaux défis auxquels ces acteurs sont confrontés.

Nous espérons que vous prendrez autant de plaisir à nous lire que nous en avons eu à conduire cette étude.

Périmètre de l’étude réalisée par Exton sur les structures d’accompagnement de start-ups en 2021
Périmètre de l’étude réalisée par Exton sur les structures d’accompagnement de start-ups en 2021

Selon les pays, 3 niveaux de maturité des écosystèmes des start-ups sont observés

En matière de maturité d’écosystème nous pouvons distinguer trois groupes de pays :

Israël et le Royaume-Uni sont les deux pays qui font la course en tête depuis plusieurs années. Il se distinguent particulièrement par le nombre de start-ups par habitant ainsi que par le nombre de licornes (start-ups valorisées à plus d’1 Mrd USD).

  • Pour Israël, ces résultats s’expliquent par une combinaison de facteurs qui vont de la forte implication des acteurs publics dans l’innovation (Armée sur les sujets de cybersécurité, Universités, etc), la culture entrepreneuriale favorisant la prise de risques et la présence de fonds d’investissements locaux et étrangers.
  • Le Royaume-Uni a bénéficié de sa proximité culturelle avec les Etats-Unis, du retour de certains talents ainsi que de l’afflux de capitaux. Le fait pour Londres d’être un centre majeur de l’économie mondiale, en recul toutefois depuis le Brexit, a également contribué à son succès.

La France, l’Allemagne et la Belgique sont dans le peloton et ont progressé rapidement ces dernières années autant sur les fonds levés par leurs start-ups que sur le nombre de licornes.

  • En France le soutien public contribue largement à ce succès (BPI, FrenchTech, etc.) et les investisseurs privés sont de plus en plus nombreux.
  • L’Allemagne, avec son fonctionnement plus décentralisé, a développé de véritables pôles de compétitivité autour de certaines de ses grandes villes comme Berlin, Munich et Hambourg avec des dispositifs efficaces de financement.
  • Enfin, la Belgique dispose également d’un écosystème très dynamique autour de secteurs tels que la santé, l’énergie et les Fintech avec Bruxelles comme point d’attraction. De plus, les limites du marché local (à l’image d’Israël) renforcent l’internationalisation des start-ups et leur forte capacité à s’ouvrir rapidement.

L’Espagne et l’Italie accusent un certain retard en matière de développement de leurs écosystèmes.

  • L’Italie dispose d’atouts intéressants sur certains secteurs tels que la Mode et le Mobilier, la Santé, l’Agriculture et l’Agroalimentaire mais l’entreprenariat est encore freiné par les lourdeurs administratives et les difficultés d’accès au financement.
  • L’Espagne dispose d’une position stratégique entre l’Europe et l’Amérique Latine, d’appuis du gouvernement, de coûts de travail contenu et d’industries fortes (Agri/Agro par ex) mais son écosystème est encore en phase de maturation.
Maturité des écosystèmes start-ups (note sur 5)
Source : Analyse Exton, scoring réalisé sur les critères suivants : nombre de start-ups par habitant, nombre de structures d’accompagnement de start-ups par habitant, fonds levés par les start-ups en % du PIB, nombre de licornes par habitant.

Les structures accompagnantes relèvent de 4 catégories ayant des rôles différents en fonction du niveau de maturité des start-ups accompagnées

Il convient de distinguer quatre typologies de structures :

  • Les incubateurs interviennent dans les phases amont de la vie d’une start-up. Ils proposent généralement un hébergement de 12 à 24 mois et un accompagnement sur l’ensemble des dimensions (entreprenariat, produit, RH, marketing, préparation à la levée de fonds, etc.). Le ratio est en moyenne de 1 personne pour 4 start-ups incubées. Pour la France nous pouvons citer en exemple Platform58 sur les Fintech/Assurtech/Cybersécurité et le réseau des Villages by CA avec notamment celui de Paris qui a été le premier à voir le jour.
  • Les accélérateurs interviennent un peu plus tard dans la vie des start-ups, généralement après les premiers succès. L’hébergement proposé est plus court, de 3 à 6 mois en moyenne. En revanche l’accompagnement y est plus poussé que pour les incubateurs avec en moyenne 1 personne dans l’équipe d’accompagnement pour 2 start-ups accélérées. Quelques exemples emblématiques sont le réseau international Techstars ou French Assurtech situé à Niort.
  • Les start-ups studios sont un peu à part dans le paysage puisqu’il s’agit d’usines de création de start-ups. Le niveau d’accompagnement est logiquement plus poussé que dans les incubateurs ou les accélérateurs, en témoigne le ratio d’accompagnement qui est de 4 personnes pour 1 start-up. La grande majorité d’entre eux (80 %) sont des spécialistes. A la différence des acteurs précédents, les start-ups disposent généralement de capacités de financement pour accompagner la croissance de leurs structures, a minima dans les phases amont. Au sein des start-ups studios, on note de grandes différences entre les start-ups studios corporate, dont les projets visent à servir les besoins d’un seul corporate, généralement dans l’exploration de nouveaux métiers (ex. La Fabrique by CA) et les start-ups studios privés (ex. CreativeDock).

Les fonds d’investissement avec dispositif d’accélération sont les acteurs qu’il ne faut pas oublier dans le paysage. Leur proposition de valeur va couvrir aussi bien celle de l’investissement que celle de l’accélération. Ces acteurs arrivent ainsi à matérialiser la promesse régulièrement faite par les fonds d’investissement de la « smart money » ou de l’intelligence qui accompagne l’investissement qu’ils réalisent au profit de la croissance de la start-up. Les VC qui se placent dans cette catégorie disposent d’équipes dédiées à l’accélération avec un ratio d’accompagnement comparable à celui des accélérateurs (1 accompagnateur pour 2 start-ups). Quelques exemples d’acteurs sont Team8 en Israël et Breega en France et au UK.

Typologies de structures analysées pour l’accompagnement des start-ups
Typologies de structures analysées pour l’accompagnement des start-ups

3 principaux défis s’imposent à elles : rentabilité, attractivité pour les start-ups et valeur ajoutée pour les partenaires

Les structures d’accompagnement de start-ups doivent régulièrement s’adapter à l’évolution de la maturité de l’écosystème qu’elles servent, mais la crise du COVID a joué le rôle de révélateur d’un certain nombre de faiblesses et sera probablement un accélérateur de la transformation du secteur. Ces structures doivent faire face à trois défis majeurs :

  • Rentabilité : le modèle économique des structures d’accompagnement est caractérisé par l’insuffisance de sources de revenus couvrant leurs coûts fixes élevés (principalement liés à l’immobilier et aux salaires des équipes d’accompagnement), ils sont souvent structurellement déficitaires. Pour arriver à l’équilibre financier, elles bénéficient généralement de subventions publiques ou privées par leurs structures de rattachement. La pandémie actuelle fragilise davantage leur modèle en leur ôtant certaines sources de revenus (organisation d’évènements, location d’espaces, réduction budgétaire des partenaires corporates, etc.).
  • Attractivité pour les start-ups : il devient désormais vital de démarquer sa proposition de valeur sur un marché où les offres d’accompagnement des start-ups sont pléthoriques. Platform58 se démarque sur le sujet par la gratuité et la qualité de son accompagnement. Techstars Londres de son côté a misé sur la dimension internationale de son écosystème en mettant à disposition des mentors expérimentés pour les start-ups rejoignant son programme. Enfin le sujet d’accès au financement est crucial, la majorité des acteurs accompagne à la levée mais ceux disposant de fonds ne sont pas majoritaires. Team8 est un bon exemple de modèle hybride entre un fonds d’investissement (Team8 capital) et un dispositif d’accélération très qualitatif avec de nombreux partenaires corporates impliqués.
  • Valeur ajoutée pour les partenaires : la construction d’une offre attractive pour les partenaires est devenue un enjeu stratégique. Ce dernier point est rendu difficile par le niveau de maturité hétérogène entre les partenaires mais progresse constamment obligeant les structures à se renouveler. En Italie, l’incubateur et accélérateur du fonds d’investissement LVenture a réussi à se positionner comme le dispositif capable de réduire le risque lié aux investissements du groupe avec une offre d’accompagnement complète. Eatable Adventures, l’accélérateur espagnol, lui, propose un programme d’innovation spécifique à destination des corporates (partenariats stratégiques avec des start-ups, transformation culturelle, business, technologique, etc.)

En conclusion, plusieurs scenarii sont à envisager : disparition ou regroupement, professionnalisation et spécialisation et diversification

Face à ces défis, trois scenarii d’évolution sont à envisager :

  • Disparition ou regroupement : avec le temps les structures n’ayant pas trouvé leur équilibre économique seront amenées à disparaître ou à opérer des rapprochements avec d’autres. La crise actuelle accélère ce mouvement, d’ores et déjà palpable au UK et dans une moindre mesure en France.
  • Professionnalisation et spécialisation : la montée en maturité de l’écosystème nécessite désormais un haut niveau d’expertise des équipes des structures d’accompagnement pour continuer d’apporter de la valeur aux start-ups comme aux partenaires. Le niveau d’expérience des équipes a déjà largement progressé aux cours des dernières années et de plus en plus de structures font le choix de se spécialiser sur une ou plusieurs verticales.
  • Diversification : avec la pandémie actuelle, trouver de nouvelles sources de revenus devient une nécessité pour les structures. Les partenaires corporates sont souvent une source de revenus privilégiée avec des nouveaux services qui leur sont proposés par ces structures pour accompagner leur transformation culturelle ou leurs projets d’intrapreneuriat. Le fait de disposer de capacité d’investissement dans les start-ups les plus prometteuse est également une voie explorée par plusieurs acteurs.

Nous vous invitons à prendre contact avec nous pour disposer d’une présentation personnalisée des résultats de cette étude et découvrir ainsi les spécificités par pays de ces acteurs clés dans l’écosystème des start-ups.

Cartographie des structures d’accompagnement de start-ups en France
Cartographie des structures d’accompagnement de start-ups en France
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