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Interview : Marc Lanvin, Directeur général adjoint, FLOA

Depuis près de 20 ans, Banque Casino, désormais FLOA, est un leader français de production de facilités de paiement, spécialisé dans les paiements fractionnés, les micro-crédits, les cartes de crédit, et les solutions de financement 100 % digitales. Avec un nouveau nom reflétant ses ambitions internationales, FLOA a pour objectif de devenir le leader européen du paiement fractionné. Marc Lanvin, DGA de FLOA, répond à nos questions.

Deux nouvelles marques, FLOA Bank et FLOA Pay, pourquoi cette évolution ?

Ce sont les deux marques commerciales de FLOA. FLOA Bank désigne l’offre de crédit en ligne, prêt instantané, cartes de paiement et assurances que nous apportons aux consommateurs (B2C). FLOA Pay recouvre nos solutions de paiement B2B à destination des marchands et des fintechs. Cette stratégie de marque clarifie notre positionnement vis-à-vis de nos clients, et nous permet de construire notre notoriété à l’international.

Quels sont les atouts de FLOA Pay sur ce marché très concurrentiel du crédit à la consommation ?

FLOA Pay est sur le créneau bien spécifique du crédit à la consommation : celui des crédits de petits montants sur des durées courtes (< 90 jours). FLOA a fait le choix stratégique de développer ce savoir-faire depuis plus de 10 ans. Nous avons été les premiers à faire du scoring en ligne avec de la signature électronique.

FLOA Pay est aujourd’hui leader des paiements fractionnés : 1/3 des paiements fractionnés en France est produit par FLOA Pay. Des paiements en 3, 4, 10 fois, en e-commerce ou en magasin avec son téléphone. FLOA Pay est partenaire de grands (e)-commerçants comme C-Discount, Oscaro, Selectour, Misterfly mais également de fintechs comme Lydia, Bankin’ et Obvy. Ces partenaires apprécient trois choses essentielles : un taux d’accord du financement très élevé, une intégration très rapide de nos services en API pour le partenaire (de 4 semaines à 5 jours) et des possibilités nombreuses de paramétrage pour faire du sur-mesure.

Comment les marchands accueillent-ils ces nouvelles offres de crédit à l’achat ?

Beaucoup de consommateurs apprécient d’avoir des facilités de paiement pour leurs achats en ligne. Ces solutions sont un booster du chiffre d’affaires du marchand et contribuent aussi à relever le panier d’achat moyen. Tous les grands e-commerçants l’ont compris et y viennent – notamment SFR ou Center Parcs récemment. Nous travaillons maintenant à amener ces solutions dans l’expérience client en magasin, grâce au smartphone du client.

Un mot sur le paiement par virement, appliqué au e-commerce, que vous venez de lancer ?

Il s’agit d’un moyen de paiement inédit en France, le virement open banking. Ce nouveau moyen de paiement comptant et instantané, que nous avons développé avec notre partenaire Bankin’, vient enrichir la palette de moyens de paiement proposés par les e-commerçants de FLOA (paiement classique par carte bancaire, paiement fractionné ou paiement par virement).

Le parcours de virement est aussi simple et fluide qu’un paiement CB et répond aux besoins de nombreux acteurs – du tourisme au mobilier en passant par le luxe ou encore l’automobile. Le consommateur reste sur le site de l’enseigne où il effectue ses achats ; il lui suffit d’entrer les identifiants de sa banque et de valider le paiement ; aucune saisie manuelle n’est nécessaire, les montants et références de l’achat ainsi que l’IBAN bénéficiaire du commerçant sont pré-remplis.

Comment FLOA Pay a-t-il traversé la crise sanitaire de 2020 ?

Nous avons bien résisté à la crise. Les Français ont fait beaucoup d’achats en ligne pendant le premier confinement et ont utilisé des facilités de paiement. Le second confinement a été moins rude mais la période coïncide aussi avec les « achats plaisir » de fin d’année : Black Friday, Noël, voyage. La production de nos crédits devrait afficher près de 20 % de croissance en 2020.

Comment voyez-vous évoluer la production de crédit à la consommation de petits montants en France sur les prochaines années ?

On s’attend à une bonne dynamique dès 2021 pour le paiement fractionné grâce à une croissance soutenue du e-commerce, un redécollage du voyage, le financement des achats liés à la mobilité notamment.

Vous vous lancez sur le micro-crédit avec des fintechs comme Lydia ou Bankin’, ou même en direct avec votre offre « coup de pouce ». Quels sont les intérêts de ces services pour les Français ?

Le micro-crédit est une alternative positive au découvert. Le coût est raisonnable et l’offre est transparente. Le découvert non autorisé est une expérience pénible pour le consommateur. Son coût est prohibitif sans compter le désagrément ultime de cet engrenage de rejets d’opérations sur le compte.

Notre offre moncoupdepouce.com lancée en 2017, ainsi que le mini-prêt instantané disponible sur Lydia ou Bankin’ rencontrent un franc succès. C’est un marché en forte croissance avec une production annuelle de plusieurs centaines de milliers d’euros. Le mini-crédit instantané ainsi que les facilités de paiement ne concernent pas que les ménages les plus fragiles financièrement, loin de là. Certes, nos solutions permettent aux exclus du crédit bancaire, comme des travailleurs précaires, de bénéficier d’un étalement d’achat.Mais ce peut être aussi un jeune ménage qui veut s’offrir un beau voyage ou bénéficier d’une promotion du jour sur un achat en évitant le découvert bancaire.

Les impacts de la crise économique qui sont encore devant nous, ne vont-ils pas entraîner une hausse du coût du risque et remettre en question votre modèle ?

Effectivement nous allons être très attentifs au coût du risque. Nous avons un modèle de coût ultra-optimisé. Pour l’instant nous ne constatons pas de hausse significative des défauts de paiement.
Malgré tout, nos crédits sont sur des durées très courtes et nous avons la capacité à réagir et à faire évoluer vite nos modèles de score.

Quelles sont vos ambitions pour les années à venir ?

Nous voulons devenir le leader européen des facilités de paiement. Nous développons un modèle de « credit-as-a-service » basé sur nos API facilement utilisables, nos parcours clients digitaux, nos modèles de score, notre chaîne de production industrialisée.

Nous nous adressons aux marchands, aux néobanques et autres fintechs, en France et à l’international – Espagne et Belgique tout d’abord, Portugal et Italie ensuite. Notre promesse ? Nos solutions de facilités de paiement contribuent à la croissance du chiffre d’affaires des marchands que nous accompagnons. Notre offre de prêt instantané permet quant à elle aux néobanques et fintechs de monétiser leur base clients et de générer du revenu additionnel.

Pour en savoir plus : découvrez l’intégralité de notre Lettre IFS 53