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Crise Covid-19 : Comment envisager les prochains mois et années ?

A court et moyen terme il faut préparer et anticiper le choc économique attendu. Et ce choc sera différent selon les branches d’assurance.

Certaines activités vont reprendre après avoir connu un creux d’activité dû au confinement qui ne sera pas reporté comme par exemple les sinistres auto. Ce creux aura un effet bénéfique à court terme sur les comptes des assureurs automobile mais, à long terme, la crise aura un impact sur la vitesse de renouvellement du parc automobile et donc sur le volume de primes et la sinistralité.

Les assureurs santé peuvent s ’attendre à un effet de « bosse » sur les prestations. Tous les soins non urgents ont attendu pendant le confinement, il est possible qu’ils aient lieu post confinement, notamment les soins dentaires et les soins optiques. Mais la crise démontre la validité d’une offre de santé incluant une offre de service et notamment l’accès aux soins. L’essor de la téléconsultation pendant la période de confinement en est la meilleure illustration. On peut imaginer également que les Français, éprouvés par les semaines qui viennent de s’écouler et la prise de conscience du risque sanitaire, se tournent vers des formules d’assurance santé plus couvrantes et cessent de raisonner uniquement en fonction du prix et hybrident demain leur consommation de soins entre du distanciel et du face-à-face.

Les assureurs vie vont devoir reprendre leurs efforts de pédagogie vers des clients ébranlés par la chute des marchés financiers. Plusieurs conséquences sont envisageables : par exemple une hausse des arbitrages vers des supports moins risqués, une baisse de la collecte au profit des comptes courants et de l’épargne règlementée, retour en force des fonds euros ? Mais il y a aussi pour les assureurs vie l’opportunité dans les mois à venir de promouvoir par exemple leurs offres de gestion sous mandat, plus protectrices par nature que la gestion libre, ou des produits de type Epargne Retraite avec gestion à horizon.

Les prévisions économiques post confinement anticipent une récession forte. Cette récession économique aura des conséquences sociales et les marchés Pros et Entreprises des assureurs vont se contracter. Difficile de prévoir l’impact en termes de défaillances d’entreprises, mais on peut anticiper une augmentation du chômage et donc la baisse des primes assises sur les salaires en prévoyance et en santé collective et la baisse du chiffre d’affaires en IARD (baisse des CA des entreprises, diminution des échanges commerciaux, diminution des mises en chantier, etc.).

Enfin la mise en place d’un fonds de type Cat-Nat pour faire face, à l’avenir, au risque de pandémie et donc couvrir la perte d’exploitation liée à ce type de risque est une quasi-certitude. Ceci aura pour conséquence un renchérissement des primes d’assurance du fait de la taxe supplémentaire que la mise en place de ce type de couverture suppose. Cette augmentation des primes dans un contexte économique difficile va supposer de la part de la profession un effort de pédagogie auprès du public.